Nous ne sommes pas seuls à être seuls.
Si j'habitais un éclair
je pourrais descendre sur terre
m'enrouler autour d'un roc
me couler dans le lit d'une rivière
me fondre au creux d'une dune
me tordre au fond d'un glacier
me glisser le long d'un arbre
seul
quand partout
il n'y aurait plus aucun homme
Dfg
Côte à côte
à brides abattues
les voix les feux remontent le siècle
La boue le sang
les terres mouvantes
toutes béantes
déferlantes englouties
le sang la boue
sous les coups
dans l’explosion
les paupières se ferment
les poumons s’arrachent
Enfin le silence un souffle
quand il n’en reste qu’un
errance des cœurs noirs
funambules hagards
sur la ligne blanche
Jusqu’à la maison vide
lequel portera l’autre
Dfg
à Oscar Guiot, mon arrière-grand-père (gazé en 1917, à 37 ans)
et Nicolas Guiot, mon grand-père (tué en 1940, à 34 ans)
Cheval projeté dans un arbre par un obus - Marne, Guerre 14-18
(Photo publiée sous la licence CC-BY-NC-SA 2.0 Creative Commons)
Percer les nuages et siphonner le ciel
(maintenant) la nuit restera grise
Ne rien pouvoir empêcher
Dfg